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Statue symbole de Copenhague, la Sirenetta est l'une des attractions les plus visitées par les touristes. La petite statue en bronze est inspirée d'un des contes les plus connus de l'écrivain danois Andersen, où l'on raconte l'amour impossible entre la jeune fille du roi des mers et le beau prince terrestre. La célèbre lille havfrue (sirenetta en danois), a été sculptée en 1913 par E. Erksen qui, après le refus de la ballerine choisie pour poser pour l'œuvre, demanda à sa femme de lui servir de modèle. La sculpture a été commandée par Carl Jacobs, mécène et propriétaire de la brasserie Carlsberg, profondément touché et ému par une adaptation du conte sous forme de ballet, et offerte à sa ville pour l'embellir.
Comment la Sirenetta de Copenhague est devenue célèbre dans le monde entier
La Sirenetta de Copenhague, presque ignorée au départ, a gagné en popularité avec le temps grâce à quelques photos publiées dans un journal américain, jusqu'à devenir le symbole le plus célèbre et reconnu de Copenhague et le plus aimé du pays. La douce créature marine se trouve à l'entrée du port, sur le quai de Langeline, presque pour accueillir les marins, près du Kastellet, une citadelle avec bastions et fortifications aujourd'hui transformée en parc.
Adossée à une sorte de rocher avec un regard empreint de nostalgie tourné vers la mer, son habitat naturel, la sirenetta est immortalisée au moment de sa métamorphose, tandis que la longue queue de sirène laisse place à deux jambes humaines. Malgré ses petites dimensions (la statue fait à peine 1,25 mètre), qui laissent souvent les touristes déçus, la Sirenetta est l'un des symboles les plus poétiques de Copenhague, expression de l'âme douce de la ville, si chère à ses habitants.
Aimée ou détestée, beaucoup ont tenté de la détruire
Il est certain que l'on ne peut pas dire que la Sirenetta de Copenhague ait eu une existence heureuse. Au-delà de son amour désespéré pour un prince pour le bonheur duquel elle sacrifiera sa propre vie, la frêle silhouette en bronze a subi au fil des ans des mutilations horribles : dégradations, tags avec de la peinture et du goudron, ce qui a conduit dans les années 90 à la nécessité de la remplacer par une copie identique à l'original, mais réalisée à partir d'un unique bloc de bronze. En 1961, on lui a dessiné un soutien-gorge et une culotte; la même année, quelqu'un l'a peinte en rouge; en 1964, certains artistes du mouvement situationniste lui ont coupé la tête qui ne fut jamais retrouvée et fut donc remplacée par une copie.
Au milieu des années 70, elle fut à nouveau taguée avec de la peinture rouge, tandis qu'en 1984, on lui a amputé le bras droit, qui toutefois a été restitué par les auteurs de cet acte. En 1990, la pauvre sirène a subi une tentative de décapitation qui lui a causé une coupure au cou de 18 cm, et en 1998, des vandales ont réussi à s'emparer de sa tête, qui fut restituée de manière anonyme. En 2003, elle a même été détachée de la roche avec l'aide d'une petite charge explosive. En 2004, en signe de protestation contre le feu vert donné à Bruxelles aux négociations pour l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, la Sirenetta a été enveloppée dans un burqa. Une des dernières provocations (en date) a eu lieu le 8 mars 2006, à l'occasion de la Journée internationale de la Femme, un dildo a été attaché à la main de l'innocente Sirenetta.
Malgré tout, cependant, la Sirenetta reste encore là, sur son rocher à se mirer dans les eaux de la Baltique et à réfléchir sur son destin. Belle et mélancolique, elle attend les touristes, de la terre et de la mer, qui, envoûtés par sa silhouette, lui rendent hommage.